mauvaizherbe

Le désir continu n'est qu'une question de va-et-vient.

Et puis vînt la déception.

Image

Mais nos verres sont vides ; comme nous. Ils tombent, et devine quoi ? Ils cassent.

Du verre pilé, dans mon petit décolleté, une fois la chemise tombée. Du calcin dans mes veines, qui éparpille ma haine, au creux des mains, entre tes reins. Et du sang. Pour oublier avant.
Avant qu’il parle un peu trop avec son corps et finalement, avant que son corps soit trop bavard avec le mien. Des particules de sable jusque dans les gencives, une plage entière rien qu’à nous deux. C’est celui là, le mal que tu fais. A trop te plaire à tuer le quotidien des autres pour justifier que toi tu n’en n’aies pas. Mais qui fixe les règles ?

Pris de l’emprise ; tout est fâcheux.

Image

Je pense que pour connaitre l’univers, il en faudrait des sentiments préchauffés, des verres échangés avec possibilité de démultiplier les angoisses –satisfait ou remboursé-, des battements de cils envoyés par mail à des fanatiques à qui ça suffirait pour exister ; à qui ça suffirait, pour connaitre l’univers. Des ampoules au bout des doigts, des usb dans les oreilles. De la wifi dans les artères et des prises sur les orifices. Des sextoys à usages uniques avec packaging inox pour que le courant passe mieux, et pour qu’on soit plus liés, grâce à tous les moyens qui nous éloignent encore un peu ou toujours plus. Sans les câbles, on va dans le mur. Et vous savez quoi ? Même à travers. Sauf que de l’autre côté, on s’y rend seul. Des pacemakers pour prouver, pour prolonger, pour qu’on ait le temps de tout, pour qu’on ne perde rien. Électrocardiogrammer toutes les petites palpitations, pour les monter sur un écran panoramique, prouver que même dans un coma, le monde encore une fois, nous excite. C’est une preuve partielle, génétique informatique, génie du crack magnétique et surtout, voyez, une bonne grosse tique à enlever avec ou sans pincette(s). On s’enverrait des Kilos octets d’amour et ça serait superbe, on se filerait pourtant encore quelques virus, après tout même le latex du 01 parfois se rompt. Des Pixels plein la vue, plein les muscles ou le cul, une map entière où tout le monde s’invite et/ou se téléporte, entrouvre ou referme quelques-unes de leurs plus ou moins grandes portes. Clique plus vite, plus fort, enfonce le donc, ce bouton-d’or. Machines électroniques en réseaux-os, Capitales démontées par la toile, On se fiche d’où vous êtes, grâce à dame internet. Touche les, ces seins déshabillés, à travers la lentille. Si tu regardes bien, ils bougent même comme des vrais. Nourris le, ce personnage qui t’obéit, pour lequel tu as souscrit. Démesure tout, réduit la fenêtre et par la même occasion, ferme les volets. Photoshope la météo. Téléphone aux particules. Essaie de ne pas voir qu’au plus profond peu à peu, elles t’enculent. Laisse-les alors gérer ce que tu es, ta famille par statuts ou ton emploi et même ta paie. Tu es tranquille, et tu ne touches rien, même quand un con te pique la main. Basculer dans l’ère du numérique, le progrès magnifique : le nouveau Titanic où les gens coulent et cette fois, s’il n’y a pas de canots, il n’existe pas non plus de gilets. Ceux qui en ont ne les sanglent plus : il n’y a pas de boutons. Ceux qui en veulent ne le peuvent plus ; Ils téléchargent déjà trop. Tout n’est pas mauvais, tout circule, tout se donne, tout se livre et rien n’est réel. Il ne nous en faudrait pas plus, savez, pour se voir pousser des ailes.

Exit, Excite.

Image

Les fesses collées contre l’émail, elle était toute écrasée entre le rebord de la douche et le mur glacé qui l’obligeait à se tenir droite pour ne pas le coller trop fort, pour ne pas avoir trop froid d’un coup. Assise, les extrémités de ses orteils se rejoignaient, traduisant son petit côté introverti maladif qui l’avait bien trop souvent encore, empêchées de rencontrer les certainement plus belles personnes de son entourage. La pulpe de ses doigts, s’amusait à les faire s’épouser les uns les autres, en confrontant à tout un chacun les légères rides que l’eau brûlante avait su creuser, à force de, venir/revenir, couler le long des joues, des creux, des yeux, du corps, du cœur. Le rideau replié contre le mur, l’eau s’échappait de temps à autre, ricochait sur sa trachée et finissait en larmes égarées, ça et là, sur le linoléum de la petite salle de bain. Elle se contemplait de l’autre côté du mur, sur le miroir qui grimaçait son reflet embué mais bien présent, dont le regard lui renvoyait la balle entre virtualité contemplée et réalité refusée.
Elle était enfantine, baissait le regard, honteuse de sa niaiserie adolescente dont elle avait passé l’âge. Son bras se tendit vers le plafond de la pièce, elle exerça une pression habile sur la mécanique de la robinetterie et le jet cessa. Genoux contre poitrine, mouillée comme la rosée, elle se masturba un moment, puis, ne sentant rien venir, prit l’inévitable décision de s’isoler du bac blanc où la mousse criait glouglou avant de finir comme tout autre bulle de propreté ; dans le siphon.
En traversant le salon légère comme une pucelle, elle entendit de loin les jacassements de la télé qu’elle ne regardait plus, à pas de sauterelle elle enfila grossièrement un sweat sur sa peau nue et un petit tanga dentelé. Sa mère lui manquait. Un stage de deux mois dans une capitale lointaine sans la voir, c’était trop long, c’était trop dur, mais faute d’amour propre, elle avait su finir par taire ces petits tracas. Engouffrée sous sa couette, elle grignotait comme une souris devant un film trop longuet des âneries de chocolats, émiettait des petits biscuits en forme d’animaux entre ses lèvres, en laissait tomber maladroitement sur ses draps bleus de môme seule. Parfois, elle révisait deux trois cours, sur son petit écran dont la batterie en charge lui chauffait les cuisses. Parfois, elle ne le faisait pas et sentait le retour de force des choses, les heures d’école mais surtout de colle, au petit matin suivant.
Elle songeait à se faire des nattes pour que ses cheveux soient ondulés en se réveillant, pensait qu’elle retrouverait vite quelqu’un, si elle se forçait un peu. Mais elle ne trouvait pas, même en se forçant très fort, et elle s’en rongeait les ongles de trop près, en supposant qu’être seule, ça n’est pas vivre un peu plus fort. Ses narines laissaient trop d’air s’échapper tandis qu’elle se rendait compte qu’elle n’avait pas la force de pleurer. Elle caressait ses jambes maigrelettes, contemplait le bordel vivant qui l’entourait. Fringues empilées sur le bureau, danette léchée à vif renversée sur le guéridon, vaisselle plein l’évier et surtout, surtout, paire de chaussures à nouveau célibataire, ou dont la femelle du couple escarpin flirtait allongée sur le côté avec la virile basket délacée et offerte.
Au fond, elle l’aimait bien, son petit appartement. Au fond, elle attendait comme tout le monde que ça passe. Elle pensait que la vie devait continuer, même si personne ne lui parlait, même si elle faisait mine de s’en foutre. Et, quand la boule d’incertitude se formait à nouveau dans son estomac de jeune adulte, elle comptait les « si » comme les enfants comptent les moutons, et connaissait là encore, l’issue évidente de sa soirée : un petit réveil strident qui afficherait huit heures moins dix. Son pouce et son index vinrent se poser sur ses tempes, dissimulant ses yeux déçus et déjà clos. Elle essaya de faire le vide et de se montrer moins égoïste. Mais à qui penser, quand on n’a que soi ? Alors elle s’exilait à son tour, jamais loin, jamais là, dans les plumes de l’oreiller.

Je préfère quand ça fait mal.

Image

Allez, recule, on fait la paix. On les connait, ces petits moments d’égratignure, ces petites irritations sur les contours de nos restes, où l’on se mange les dix doigts puisqu’après tout, il suffit d’un seul pour insulter l’autre. Ça ferait des bobos d’enfant à mon petit cœur menteur, à mon petit corps tout mort. C’est inoffensif, de s’en vouloir, c’est toujours bien mieux de s’en souvenir. Repose cette fourchette, et ailleurs que dans mes yeux, redresse ton verre, trinquons encore un peu. Tes sourcils sont trop serrés, trop collés pour me laisser m’immiscer. Froncés pour foncer tête baissée, dévier les petits ricochets que le temps s’amuse à multiplier sur l’ombre de quelques déhanchés. Efface toutes les tâches, de ta bile javelleuse, détache nos cheveux emmêlés de passions oubliées. Bois ton café sans prendre soin de faire tinter la cuillère quand tu le touilles, cesse de penser qu’il est meilleur quand tu le fais, quand je te regarde et que je me tais, tu vois, ce sont nos instants qui à nouveau, se perdent. D’un geste sec, l’un de nous renverse la salière, et comme toute cette idiotie, le sel à terre se répand et sème à tout va une ruine d’amour iodé. L’écume de notre salive usée à se haïr ne fait de nous qu’un plat raté, mais j’ai quelque part, parfois, l’image d’une douceur onctueuse jadis partagée. Des pépites de sourires, des chantilly d’habitudes, une vie entre Paris-Brest, des lettres en-vermicelles et maintenant enflammées. Autrefois, tu sais, nous n’avions pas besoin de juges ou d’avocats, pour savoir qui garderait les enfants. Avant on les roulait dans un nappage caramel avant d’aller dormir. Alors j’oublie le sel, le cœur qui ment plus vite qu’il ne bat, les enfants qui pleurent, et je décide de me taire. Quand les quatre murs se rapprochent trop vite autour de cette table immobile, le croisement se fait, l’affrontement est inévitable. Mais ce soir, pourtant, j’étais pour la pacification du souvenir.

Comptine pour adulte.

Image

Approchez l’allumette, savourez l’éclat du souffre, consumez-consommez, et faîtes-vous plaisir. Il y a au centre du monde, un petit tas de cendres dont vous faîtes l’objet.
Cliquetis métallique.
Et la serrure, sous un léger coup d’épaule étroite, cède. Laissez donc la musique se jouer. Et si la boîte grince, c’est qu’elle a mal vieillie. A vous de vous en vouloir, de ne pas l’avoir entretenue. Fragilités entremêlées et apprivoisées. Qui comprennent le caprice de l’adolescent presque adulte mais pas encore. Qui entre à peine dans l’existence et qui se débat simplement pour espérer s’en sortir. Au discours acéré, bien placé, franchise délibérée qui pique d’un venin un peu trop cruel pour les autres. Je mens, je mens. Tendez- moi la main, je la repousse. Suivez mon regard ; c’est lui qui vous détrousse. Attente maladive. Arrive, et finissons-en ; je sais ce qui fait grincer mes dents, tout comme je sais que l’impatience coule dans mon sang.
Quoi d’autre ? S’éprendre de ce qu’on ne sait pas encore. N’avoir su qu’être lassé de ce qui a été savouré, vécu ou trop oublié, au gré du temps et de l’intérêt, qu’on y confère et qu’on y voue, qu’on laisse et délaisse, ressasse et entrelace, aux souvenirs bien ancrés de nos cerveaux éteints. Et ouvrir les yeux. Penser aux autres en s’oubliant soi – même. Contenir cet amour propre et le découdre. Des parcelles d’être pour ceux qui ne savent pas. Offertes. Sacrifié sur l’autel du petit air ailleurs, qui s’immisce ou se glisse, sur mon visage d’enfant grandi, innocenté à contre cœur, relâché parce qu’un jour on libère touts ceux qui ne le méritent parfois jamais. Et qu’on enferme trop vite des coupables parce qu’il en faut et que ça fait taire le reste du monde pour au moins quelques précieuses, quelques misérables et méprisées secondes. Un temps, et puis ? Oublier, à nouveau.
Solitaire autoritaire, comédien délavé remis en scène par manque de fric, pas chic, pathétique. Et pourtant, s’allument les projecteurs se baladant sur la foule pour mieux se concentrer sur celui qui s’agenouille de ne plus en pouvoir, d’offrir un jeu encore et toujours à ceux qui se prétendent à jamais fervents admirateurs de ses discours. Ils sont fades. Et nous, foisonnants de choses abjectes. De choses qu’on calcule avec attention, pour en faire des personnalités, des petites étincelles d’unicité, vous savez, ce qu’on n’aime ou qu’on aime pas : les cheveux mouillés sur le carrelage quand on sort de la douche, se moucher par le milieu du mouchoir en premier, les talons de chaussures bruyants, couper ses pâtes, les tics de langage, jouer à touchepipi, l’odeur du lait chaud, se lever après 12h, les doigts qui collent, les lendemains de nuits d’amour dans les bras des autres, les suçons qu’elle/il rejette sans cesse, Vous probablement, nous, tout autant. Autre Chose ?Trop de mal. Trop d’égo. Trop de maux, faute de mieux.
Metro, boulot, dodo. Si la branlette rend sourd, soyons au moins aveugles.

Des noeuds dans les veines.

Image

Et pour souffrir d’un mal que les autres ne comprennent pas ? Il faut savoir nier l’évidence.
Inventer quelque chose d’assez gros, d’assez clinquant pour que les autres nous laissent une petite liberté morte, un fichu bénéfice du doute qui n’en est pas réellement un. Il n’est qu’un grain de sel dans le vaste océan de ce qu’ils sont persuadés de savoir, la goûte citronnée sur la plaie à jamais ouverte. Enfonçons donc cette lame acide, au plus profond, plus loin, encore. Enfonçons là pour qu’elle ne transperce que le corps, survole l’esprit, embrasse la commissure de nos lèvres à jamais closes sous l’absence d’osmose. Comme un pépin écrasé, sur les petites pensées. Comme une envie d’éclater, sans cicatriser. Laissons tout à vif, éviscérons nos consciences, avortons-les, ces petits esprits qui puent le mal être. La vie nous chronomètre.

Creuse, creuse, petites griffes acérées aux trainées douloureuses dans la chair profonde de ma trachée. Crève l’emprise, enfonce donc tes ongles et n’oublie guère de laisser l’empreinte dans la cavité humide. Sais te tourner cette fois, langue douce ou chaleureuse ; écarte-toi et laisse donc partir mes démons.

On aime les autres seulement quand ils sont nus.
On apprend à s’offrir les caprices que sont leur enveloppe charnelle, à glisser des doigts sur des peaux qu’on ne connait pas, à se prétendre autre pour approcher ce qui ne peut nous appartenir, pour se sentir, pour mourir, on se rend dépendant de ce qu’on aime parce qu’on ne sait que s’étouffer quand n’aime pas. Et vous savez quoi ? Cette lâcheté familière nous suffit parfois pour être heureux. Pour le reste, pour ce qui ne fait pas partie de cette petite utopie de bonheur, il faut savoir la considérer mais surtout, l’ignorer aussi superbement que la fausseté de l’enjeu. Le physique a d’étrange qu’il enferme parfois une boule de malaise. Et pourtant, j’ai mal. Alors ?

Il faut fermer les yeux, et observer.
Laisser répandre ce petit ramassis de manières, de comportements corrects, de politesses insensées que chacun ne connait plus que par l’hypocrisie sincère. On sort du cercle quand on ne la comprend pas. Point de côté, mise en hors-jeu. Un parfum de souffre. J’hurle. On ne sait pas tous ce que cela fait, d’être un fœtus courbé, sur la cuvette d’un WC. De faire de soi son propre martyr, pour finir par oublier tout ce mépris pour les gens, pour faire de soi sa propre victime. Nous sommes prêt à tout pour jouer la carte de l’indifférence, mais il reste impossible pour nous de nous démaquiller d’autant d’humanité d’un coup, d’un seul. Ceux qui ne se l’avouent pas sont de fabuleux menteurs. Ils meurent avec le regard noyé des chiens, ils brûlent encore d’un petit feu d’innocence, d’extrême candeur ou tout simplement de crainte de ce qui demeure véritable : On s’apprivoise seulement quand on admet les choses. A ce moment, enfin, les yeux s’ouvrent à nouveau. Les émotions se font plus vraies, le cœur palpite davantage. S’échappe de nos bouches cette petite vapeur dans la froideur du monde, s’évacue enfin les particules de l’existence ignorée. Et la bile remonte. Réhydrate. Regorge. Du point de mes côtes, jusqu’à ma gorge.

On ne dit surtout pas « Hello world ! », gros ringard de mes deux.

Et ça te fait rire, d’écrire du caca en conserve?
Non parce que faut pas croire, moi ça me fait trop marrer.